Le confinement, accélérateur des inégalités

//English version below//

Le 17 mars 2020, la population française entrait en « confinement ». Il a duré jusqu’au 11 mai — et était le premier de l’année 2020 avant le second qui a débuté le 30 octobre — les objectifs étaient principalement de ralentir la progression du coronavirus, protéger les plus faibles face au virus, alléger la pression subie par le corps hospitalier etc… Mais cela signifiait aussi, couper au maximum les contacts extérieurs et rester chez soi. Pour beaucoup d’entre nous, en France, il a fallu changer de mode de vie et grâce à la technologie, nous avons accéléré un processus déjà bien connu et bien entamé, la « dématérialisation » : les démarches administratives et scolaires, faire cours, le travail, faire ses courses ou ses repas et même parfois faire du tourisme devaient se passer en ligne. Le tout au numérique étant devenu une priorité, la vie quotidienne a effectivement bien changée et parmi les nombreuses problématiques sociales que cela soulevait, la question du contact humain est vite devenue pesante, ne pouvant plus être physique, celui-ci devait désormais devenir numérique. Les outils du numériques ont été déclinés à cet effet, les apéro-visio, jeux en lignes et naturellement les réseaux sociaux (Cuisine, Sport, DIY* en live par exemple) se sont démocratisés dans la vie quotidienne, devenus presque un rituel afin de permettre que ce contact persiste, de manière virtuelle.

La réalité ne semble pas tout à fait avoir été aussi simple.

DIY: Do It Yourselves = faites le vous-même.
Illectronisme : ne pas pouvoir communiquer grâce à internet

De manière générale, l’utilisation générale, complète et égalitaire des outils du numérique, même dans les pays développés, n’étaient pas choses acquises et cela bien avant le confinement. Selon, l’Insee en 2019 presque la moitié de la population française manquait d’au moins une compétence de base en informatique (utiliser une application ; utiliser un traitement de texte ; chercher une information ; communiquer etc…). Pire encore, l’illectronisme*, selon le même observateur national, atteint 17%. Difficile de « garder le contact » dans ces conditions et les conséquences psycho-sociaux ont été conséquents. Ces « traumatismes » prenaient souvent leurs sources dans la solitude créée ou amplifiée, mais comme Mme Mille, témoignant sur BFMTv, ils sont nombreux à avoir peur de se retrouver désemparés devant leur manque de connaissances du numérique une seconde fois. La cause de ces traumatismes était relativement simple et bien connue avant le confinement : la « fracture numérique ». Les TICs (Technologie de l’Information et de la Communication) sont ainsi devenues plus qu’essentielles, indispensables pour chaque tâche de la vie quotidienne.

Les plus touchés étaient bien souvent les personnes âgées qui pouvaient encore effectuer quelques tâches simples (administratives, de la vie courante ou bien simplement se renseigner) en physique ou par voie postale. Au vu du développement forcé de la dématérialisation, ces simples tâches sont devenues des montagnes à gravir. Pratiquement 70% des plus de 70 ans sont atteints d’illectronisme, il est encore précoce d’énoncer des chiffres sur son évolution mais la fracture numérique se creuse et devient clairement visible. Heureusement, pour certaines personnes, comme Mme Mille, leurs enfants et petits-enfants les aident parfois, dans le cas de cette retraitée elle a pu bénéficier du téléphone et de la connexion internet de son enfant pour payer ses impôts et effectuer d’autres processus administratifs. Les séquelles de leur peur restent pourtant encore là malgré tout. Et pourtant, pour les enfants et petits-enfants comme ceux de Mme Mille, ce n’est pas aussi simple non plus.

« Paradoxalement certains jeunes pourtant nés avec les nouvelles technologies et très à l’aise sur certaines applications se trouvent parfois désemparés dès lors que l’utilisation devient moins ludique »

Livre blanc ‘contre l’illectronisme’

Les jeunes — malgré le fait qu’ils soient nés dans le numérique, qu’ils sachent utiliser de nombreuses applications — , manquent cruellement de ressources et d’informations lorsqu’il s’agit de remplir des formulaires administratifs par exemple. « Les jeunes restent à l’aise avec l’utilisation d’internet, ils peuvent au besoin rechercher les informations dont ils ont besoin » l’ont pourrait penser.

Le contre-exemple frappant de cette idée est la création et la médiatisation des numéros nationaux d’informations afin d’obtenir de l’aide sur comment obtenir un ordinateur et les compétences pour les utiliser. Les témoignages des standardistes indiquent que souvent les interlocuteurs de ces numéros recherchent des informations très précises sur telle ou telle procédure administrative et très rarement sur comment obtenir de l’aide pour obtenir un ordinateur ou une connexion stable. Cela démontre deux choses : la première est que les personnes qui utilisent les aides comme les numéros sont les mêmes qui ont déjà les outils, l’ordinateur et les compétences nécessaires, et donc que les numéros créés ne touchent pas les bonnes cibles. De plus, même s’ils ont les compétences, il existe une ambiguïté sur les sources d’informations, ils utilisent souvent les numéros nationaux alors que des numéros spécifiques existent localement ou pour chaque processus administratif. Enfin, les jeunes — en général — n’ont en vérité pas connaissance du « langage administratif ».

Les jeunes, qui cette fois, sont étudiants sont confrontés à encore d’autres problèmes.
Le milieu scolaire, promis à une continuité pédagogique via « l’école à la maison », se voit impacté de multiples manières : 70% des enseignants craignaient un décrochage scolaire de leurs élèves lors du confinement, et pour cause. Les jeunes ont bien sur de nombreuses compétences dans la communication — via des applications, l’installation d’application, jouer à des jeux et rechercher des informations sur les jeux — mais lorsqu’il s’agit d’utiliser le langage administratif, des cours et de la méthodologie, de la concentration, en somme, ce qui n’était pas « ludique » alors les stéréotypes s’évaporaient pour dévoiler une réalité bien moins simple pour les jeunes élèves.

On pourra d’ores et déjà noter des facteurs négatifs évidents des cours en visioconférence avec des enfants qui provoquent un certain nombre de décrochages scolaires : les professeurs qui font cours à travers des vidéos ne peuvent détecter les décrochages ou l’incompréhension des cours seulement lorsque ceux-ci apparaissent sous formes de notes ou de résultats, ensuite il y a une baisse générale de la réactivité de la part des élèves qui ne sont plus impliqués physiquement et donc de la même manière, psychologiquement. La tentation d’utiliser son téléphone ou de ne pas participer est bien plus forte. L’effort de se lever tôt, d’être présentable en cours, le chemin vers l’école, l’effort d’écrire, la récréation, la discussion autour d’un café/chocolat chaud, la pause déjeuner mais aussi les visages, les sourires, les serrages de mains etc… tout cela disparaît. La dynamique de classe également est bien souvent aussi brisée. Enfin, il faut également noter que le retour, le commentaire du professeur était bien plus long à arriver.

En effet, lorsqu’il fallait simplement rendre un papier à la première heure, pour certains la connexion instable, les problèmes de logiciels ou simplement le manque de compétence, coté professeur comme coté étudiant de l’écran, provoquaient des retards ou des notes non représentatives. Sans parler du penchant des élèves à la triche, la communication pendant les contrôles.

Pas pour tout le monde cependant. Les impacts positifs ou négatifs de la scolarité à l’école n’étaient pas toujours été les mêmes pour tout le monde. L’école à la maison a encore plus creuser les écarts. Mais contrairement à l’idée qu’on pourrait se faire, les familles modestes passent plus de temps (3h16) que les familles moyennes (3h13) et aisées (3h07) et encore plus que les familles dont les parents étaient professeurs (2h58) au travail avec les enfants. Il semble que les familles populaires n’ont pas abandonné leurs enfants, quil y avait un soutien fort de ces parents. Le manque de temps des parents touchaient plus souvent les enfants aisés (infographie). Néanmoins, il est admis que la maison est un facteur déterminant des inégalités scolaires d’après les nombreuses études sociologiques sur le sujet. Lorsque l’école n’était plus le lieu d’étude des élèves, la maison était donc devenue l’épicentre des fractures scolaires entre les strates de la population. Malgré les efforts des parents modestes, l’accroissement des inégalités du fait de leur conditions étaient inéluctables.

La réalité est que la continuité pédagogique en ligne n’est pas adaptée à l’état du numérique actuel dans la société, notamment dans sa capacité à utiliser les outils numériques : les équipements d’abord sont très inégales parmi la population mais également parmi les établissements, les formations aux outils numériques ensuite, des professeurs principalement mais des parents aussi, sont très diverses et représentent une grande part de l’explication de l’accroissement des inégalités durant le confinement. Evidemment d’autres facteurs, au cas par cas, entrent en jeux, de manière plus minime. Comme le simple manque de connaissances générales des parents (infographie).

Le président de la république a souvent énoncé l’idée d’une « communauté apprenante » i.e. l’initiative d’apprendre à la maison, de ranimer la curiosité des élèves mais il était assez clair que tous les élèves et familles n’en ont pas forcément les capacités ou les compétences nécessaires et s’ils les ont, ce n’est pas de manière égale. Les familles aisées ont toujours plus de capacités. C’est une des raisons qui justifient l’initiative pris par le gouvernement de reprendre la scolarité en présentielle pour la rentrée 2020, réservé aux jeunes élèves, « dans le mode le plus normal possible » avait déclaré Jean Michel Blanquer. Mais cela ne s’est pas passé aussi bien qu’il avait été pensé puisque trois jours après la rentrée, 22 établissements scolaires ont immédiatement fermés et beaucoup d’autres ont suivis. C’était toujours le fait d’une contamination provoquant un grand nombre de cas contacts, bien souvent la fermeture arrivait du jour au lendemain. On peut facilement imaginer l’instabilité que cela peut présenter dans la vie scolaire mais aussi la vie de famille. Le bilan global reste à nuancer puisque la part des établissements fermés représentait seulement moins d’un pour cent.

Sources : CNRS

La vie scolaire des enfants est aussi un facteur décisif dans la vie de famille. Les écoles sont traditionnellement ce qui occupent les enfants lorsque les parents travaillent. En effet, les adultes ont été impactés aussi par le confinement, dans la vie de famille et donc par ricochet aussi dans leur travail. Il faut cependant noter que des dispositifs ont été mis en place, un congé paternité notamment a été possible sous trois conditions : la fermeture des écoles devait être prononcée par les autorités administratives ; aucun dispositif alternatif d’accueil ne devait être proposé localement ; aucun des deux parents ne doit pouvoir télé travailler.

L’activité économique a été effectivement ralentie de manière brutale, à hauteur de 30% d’après le gouvernement. Le télétravail — lorsque cela était possible — permettait de garder le lien avec l’entreprise, conserver l’activité économique, un salaire et une certaine stabilité quotidienne. Les outils numériques ont été fortement développés pour ces objectifs, et même après le confinement, les outils du télétravail continuaient d’être utilisés. Mais cela a aussi fait remonter les inégalités salariales de manière importante. Certains travaux ne peuvent être adaptés au télétravail mais ce cas de figure est souvent lié à des inégalités déjà présentes et qui ont été accrues :

De manière générale, le télétravail est souvent plus adapté aux travaux intellectuels qui concernent bien souvent les CSP+, contrairement aux catégories plus modestes qui sont plus « physiques », parfois substituables, moins stables. Pour ne pas améliorer la situation, les français ont également le penchant de confondre vie professionnelle et personnelle, cela se traduit par le fait de travailler dans des pièces qui ne sont pas dédiées pour ça mais aussi par un arbitrage du temps de travail parfois inégalitaire au sein d’un foyer.

L’étude Coconel a montré qu’une femme sur trois avaient perdu leur travail après 2 mois de crise. Et lorsqu’elles conservaient leur emploi, elles étaient souvent entourées d’enfants, la moitié d’entre elles travaillaient avec leurs enfants près d’elles contre 37% pour les hommes. De manière générale, 42% des femmes ne pouvaient s’isoler dans une pièce dédiée au travail contre 26% pour les hommes, dans le cas des employées, l’écart se creuse encore. De plus lorsqu’il fallait travailler, 47% des femmes avec des enfants de moins de 16 ans passaient plus de 4 heures avec leurs enfants contrairement aux hommes qui se situent à 26%. Le télétravail est certes un outil efficace mais aussi révélateur des inégalités hommes femmes. En dehors du confinement, les femmes s’occupaient en moyenne déjà de 65% des tâches parentales, le confinement à travers le télé travaille semble avoir renforcer cette tendance.

Pour aller plus loin, d’après Frédérique Letourneux, sociologue, les femmes les plus qualifiées subissaient un phénomène de double peine. Les deux conjoints d’un même couple devaient s’occuper des tâches ménagères et bien que la moitié des couples ont déclaré répartir de manière égale ces tâches, ils sont en moyenne 17% plus lourdes pour les femmes qui, pour autant, ne passent pas moins de temps au travail. Elles vivent donc deux journées en une, le travail et la famille en même temps.

Sources

Le confinement a donc clairement provoqué un accroissement des inégalités et ses vecteurs sont bien souvent les outils numériques et cela n’épargne aucune catégorie de la population.

ENGLISH VERSION

On March 17, 2020, from 12 noon, the French population entered in “lockdown”. It lasted until May 11th — and is the first of the year 2020 before the second which started on October 30th — meant slowing down the progression of the coronavirus, protecting the weakest against the virus, relieving the pressure on the hospital body etc. But it also meant cutting off as much external contacts as possible, staying at home. For many of us in France, we had to change our way of life, and thanks to technology, we accelerated a process that was already well known and well underway, “dematerialization”: administrative and school procedures, going to school, work, shopping or eating, and sometimes even toursim, all went online. As digital technology has become a priority, lifestyles have also changed, and among the many social issues raised, the question of human contact has quickly become a heavy burden, as it can no longer be physical, and must now become digital. Digital tools have been declined in aperitif in visio, online multiplayer games and of course social networks (Kitchen, Sport, DIY* live for example) have been democratized in daily life, becoming almost a ritual to allow this contact to persist.
The reality does not seem to have been quite so simple.

DIY: Do It Yourselves.
Illectronism: to not be able to use internet

Generally speaking, the general, complete and egalitarian use of digital tools, even in developed countries, was not a given, and this long before the confinement. According to INSEE in 2019 almost half of the French population lacked at least one basic computer skill (using an application; using a word processor; searching for information; communicating etc.). Worse still, according to the same national observer, illectronism* is as high as 17%, meaning that this proportion cannot communicate via the Internet. It is difficult to “keep in touch” under these conditions and the psycho-social consequences have been consequent. These “traumas” were often based on solitude, but like Ms. Mille, testifying on BFMTv, many are afraid of finding themselves helpless in the face of their lack of digital knowledge a second time. The cause of these traumas was relatively simple and well known before confinement: the “digital divide”. ICTs (Information and Communication Technology) have thus become more than essential, critical to daily life.

The most affected were often the elderly who could still perform some tasks (administrative, daily life or simply to get information directly) in physical or postal services. With the forced development of dematerialization, these simple tasks became mountains to climb. Almost 70% of the over 70 year olds are affected by illectronism, it is still early to state figures on its evolution but the digital divide is widening and becoming clearly visible. Fortunately, for some people, such as Ms. Mille, their children and grandchildren sometimes help them, in the case of this pensioner she was able to take advantage of her child’s telephone and internet connection to pay her taxes and other administrative processes. The after-effects of their fear still remain despite everything. Yet, for children and grandchildren like Ms. Mille’s, it’s not as simple as that either.

“Paradoxically, some young people who were born with the new technologies and are very comfortable with certain applications sometimes find themselves helpless when the use becomes less fun”

White Paper ‘Against Illectronism’

Despite the fact that young people are born digital and know how to use many applications, they are sorely lacking in resources and information when it comes to filling out administrative forms, for example. “Young people can use their skills to search for this information,” one might think.

The striking counterexample is the creation and publicizing of national information hotlines to get help on how to get a computer and the skills to use it. Testimonies indicate that callers to these numbers often seek very specific information on particular administrative procedures and very rarely on how to get help in getting a computer or a stable connection. This demonstrates two things: the first is that the people using the aids such as the numbers are the same people who already have the tools, computer and skills to use them, and therefore the numbers created do not reach the right targets. In addition, even if they have the skills, there is ambiguity about the sources of information. Finally, young people in general are actually not aware of the “administrative language”.

Young people, who this time are students, are faced with even more problems.
The school environment, promised to pedagogical continuity via “home schooling”, is impacted in many ways: 70% of teachers feared that their students would drop out of school during the confinement, and with good reason. Of course, young people have many communication skills — via applications, installing applications, playing games and searching for information about games — but when it comes to administrative language, courses and methodology, concentration, in short, which was not “playful”, then the stereotypes evaporated to reveal a much less simple reality for the young students.

We can already note some obvious negative factors of videoconferencing courses that cause a certain number of school dropouts: teachers who teach through videos can only detect dropouts or misunderstanding of the courses when they appear in the form of grades or results, then there is a general decrease in reactivity on the part of students who are no longer physically involved and therefore psychologically. The effort to get up early, to be presentable in class, the way to school, the effort to write, the recess, the discussion over coffee, the lunch break but also the faces, the smiles, the handshakes etc… all this disappeared. The class dynamic is also often broken as well. Finally, it should also be noted that the feedback, the teacher’s commentary was much longer to come out.

Indeed, when it was simply necessary to return a paper at the first hour, for some, the unstable connection, software problems or simply lack of competence, both on the teacher’s side and on the student’s side cause delays or unrepresentative notes. Not to mention the penchant to cheat, communicate during student checks.

For some others this is less the case. The positive or negative impact of school has not always been the same for everyone and home school has been even more so. But contrary to what one might think, modest families spent more time (3:16) than average (3:13) and affluent families (3:07) and even more than families whose parents were teachers (2:58). It seems that the working class families did not abandon their children, that there was strong support from these parents. However, it is recognized that the home is a determining factor in school inequalities according to the numerous sociological studies on the subject. When school was no longer the place where students studied, the home had therefore become the epicentre of school fractures between strata of the population. The reality is that online pedagogical continuity is not adapted to the current state of the digital world in society, particularly in its ability to use digital tools: firstly, equipment is very uneven among the population but also among schools, and secondly, training in digital tools, mainly for teachers but also for parents, is very diverse and accounts for a significant part of the increase in inequalities during confinement.

The French President of the Republic has often stated the idea of a “learning community”, the initiative to learn at home, in order to restart the curiosity of students, but it was quite clear that not all students and families necessarily have the necessary abilities or skills, and if they do, it is not equally so. This is one of the reasons that justify the initiative taken by the government to resume face-to-face schooling for the start of the back to school in 2020, reserved for young students, “in the most normal way possible,” said Jean Michel Blanquer. But this did not go as well as had been thought, since three days after the start of the school year, 22 schools immediately closed and many others followed. It was always the result of a contamination causing a large number of contact cases, often the closure happened overnight. One can easily imagine the instability that this can cause in school life but also in family life. The overall balance remains to be nuanced since the share of closed establishments represented only less than one percent.
Source : CNRS

Children’s school life is also a decisive factor in family life, as schools are traditionally what keep children occupied when parents work. Indeed, adults are impacted by the confinement, in family life and therefore by ricochet also in their work. It should be noted, however, that measures have been put in place, in particular paternity leave, under three conditions: closure had to be ordered by the administrative authorities; no alternative childcare arrangements had to be offered locally; neither parent should be able to work remotely.

Economic activity has indeed slowed sharply by 30%, according to the government. Teleworking — where possible — made it possible to keep the link with the company, maintain economic activity, a salary and some daily stability. Digital tools were strongly developed for these objectives, and even after the confinement, telework tools continued to be used. This also led to a significant increase in salary inequalities. Some work cannot be adapted to telework, but this is often linked to inequalities which are already present and which have been increased:

Generally speaking, telework is often better suited to intellectual work, which very often concerns high social categories, unlike the more modest categories which are more “physical”, sometimes substitutable, less stable. The French people also have a tendency to confuse professional and personal life, which translates into the fact of working in rooms that are not dedicated for that purpose, but also by a sometimes unequal arbitration of working time within the home.

The Coconel study showed that one in three women had lost their job after 2 months of crisis. And when they kept their job, they were often surrounded by children, half of them worked with their children close to them against 37% for men. Generally speaking, 42% of women could not be isolated in a room dedicated to work compared to 26% of men, in the case of employees, the gap is widening. When they had to work, 47% of women with children under 16 spent more than 4 hours with their children, compared to 26% of men. Teleworking is therefore an effective tool, but it also reveals the inequalities between men and women. Before the lockdown, women were already taking care of an average of 65% of parental tasks, the lockdown through teleworking seems to have reinforced this trend.

To go further, according to Frédérique Letourneux, sociologist, the most qualified women suffer a phenomenon of double labour. Both spouses of the same couple have to take care of household chores and although half of them declare that they share them equally, these tasks are on average 17% heavier for women who, however, do not spend less time at work. They therefore live two days in one, work and family at the same time.
Sources

Confinement has thus clearly caused an increase in inequalities and its vectors are very often numerical tools. This does not spare any category of the population

Ecrit par Mahdi KODIFA

Association étudiante de Grenoble Ecole de Management

Association étudiante de Grenoble Ecole de Management